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Le Petit Poucet

« Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou. » [Friedrich Nietzsche.] " la Vérité s’extirpe de l’obscurité comme le charbon de la mine " société - idées - philosophie - vie au quotidien - conseils - développement personnel - bien être - Eurêka - Sciences - technologies - découvertes - géographie - histoire - géostratégie - politique - conscience - savoirs - alternatives - neuro-sciences - méditation - soins - proverbes - littérature -loisirs -tourisme - quantique - traditions - religions - savoirs - éducation - engagement ...

LE SEPTENTRION, un passage obligé pour tout voyageur, un orient spirituel au même titre que les autres points cardinaux.

 

  100px-Sulfuric-acid-3D-vdW.pngV.I.T.R.I.O.L,  7 lettres inscrites sur le mur  du cabinet de réflexion, le mot qu’elles forment, peut laisser croire à un avertissement: méfies toi des apparences. Derrière la consonance se cache une invitation: visite l’intérieur de la terre et, en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée”.

Invitation non pas à voyager mais  à  visiter le fond de son humanité, à cheminer  dans une contrée que l’on dit septentrionale. 

 

Un ICI, qui est notre nord, 

Un ici où il fait froid car le soleil n’y règne pas,

Un ici qui a peur de la chaleur comme le vampire à peur de la lumière,

Un ici environné de certitudes érigées en iceberg,

Un ici où le loup efflanqué rode en quête de nourriture,

Un ici  qui a peur des lendemains et qui contrôle le moindre aujourd’hui,

Un ici où les cœurs inquiets et les émotions  se protègent sous le manteau froid de la raison,

Un ici où sur les eaux  glacées “résonne” souvent l’écho de l’argument du plus fort, écho qui fait écho à notre ignorance, à notre vanité et à notre ambition ....

280px-Jean-Francois_Millet_-_L-Angelus.jpgDes régions grises, des terres froides qui sont des repères faits pour être quittés !

Septentrion, quand on l’étudie sous sa forme latine, sept trions,  nous dis “sept boeufs de labour”, dés lors nous voyons se dessiner, un ciel couleur de terre, une terre  remuée, sillonnée que le laboureur a retournée. Il n’y a pas d’aigle royal qui préside à ce moment mais simplement corneilles et corbeaux pour se nourrir du dessous mis au dessus pour l’aérer...

C’est un moment en deçà et au-delà, un moment d’obligations qui n’est ni le temps  des semailles, ni celui des moissons, moment de solitude et de travail où il faut séparer le bon grain de l’ivraie, faire un tri, oser choisir pour ne garder que ce qui est digne de germer, croître, et s’épanouir ...

 

Un moment que nous connaissons bien, pour l’avoir vécu il y a bien longtemps déjà, un moment où telle la chèvre de monsieur de Seguin, nous avons voulu nous délier de nos liens, des conventions et idées reçues au cours de nos éducations, pour  partir en quête de ce moi originel, de ce NORD qui, pas à pas, nous a guidé vers d’autres orientations.

C’est en prenant des chemins escarpés, en escaladant la colline, seul, exposé à tous les vents sans troupeau pour se réchauffer,  en ayant froid dans le dos que l’on se rencontre.

De longues années  de labeur sont nécessaires pour tailler cette  pierre qui du haut est tombée. Des années de bataille pour faire vivre ensemble le cœur et la raison, les faires se remarier, des années pour voir les choses anciennes avec des yeux neufs et faire que ses yeux soient neufs pour voir les choses nouvelles. 

Dans ces contrées là, la nature est  passive mais toute réceptive, elle ne produit plus rien, le silence règne, elle écoute, inerte sans plus rien à faire germer, elle se laisse retourner, les pierres sont remontées à la surface. Celles, vous savez que nous avons mis tant de soin à enterrer.

250px-Les_glaneuses_-Millet--acquaforte.jpgTerre allégée, oxygénée mais nerveuse et nervurée, fébrile parce que dévêtue... elle s’interroge, elle repense aux saisons passées, se prépare à recevoir , à engendrer ... Les nuits sont longues, la  Lune, notre belle de nuit parle alors en secret à son cœur, elle lui susurre qu’ éternel est  le renouvellement, n’est-elle pas maîtresse du cycle des saisons, des marées, des pluies , des germinations, des repos avant l’action, des décompositions avant toute transformation.

Le Septentrion, n’est pas seulement un lieu géographique, un couloir d’énergie dans le temple,  il est un passage obligé pour tout voyageur, un  orient spirituel au même titre que les autres points cardinaux.

Il nous permet, en effet, souvent d’être mieux luné, tout simplement,  être, sur l’instant, en bon aspect avec l’horlogerie universelle ... 

Equilibre que l’espace et le temps font varier, c’est pourquoi au Septentrion, il est bon d’ y retourner au quotidien pour équilibrer nos propos, revisiter nos idées reçues, ne pas juger à l’emporte pièce, redécouvrir que la différence qui nous heurte n’est que l’expression de l’un qui se multiplie...

Lorsque dans notre vie nous nous trouvons au nord,

Il fait toujours chaud en face, alors qu’il fait froid dans notre vie. Comment, alors, ne pas être tenté d’aller se réchauffer sous  le soleil du midi, transhumance impossible car le nord doit être visité, compris, intégré pour supporter, sans être aveuglé, le sud qui met en lumière mais qui peut nous plomber...La lumière luit en face et nous sommes dans l’ombre,  le soleil nous aveugle. Nous gardons le silence, un silence attentif, tendu comme le fil à plomb... que nous reste-il donc à faire,  mesurer  la réalité naturelle, faire un état des lieux avant de construire et d’édifier, utiliser la  perpendiculaire pour saisir la force gravitationnelle et comprendre que si il y a  chute, il a haut , il y a bas, et que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, verticale juste et parfaite, reproductible à l’infini, réalité physique qui préexiste à l’homme et lui survivra.

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 Que nous  sommes petits après tout cela et comme nous pouvons être grands si conscience il y a ... Mais prenons garde à l’ivresse des profondeurs et  à celle non moins dangereuse de l’altitude, à cette humilité nouvellement acquise qui est un leurre  mais qui souvent étalonne nos jugements sur l’autre , les autres, leurs attitudes et leurs comportements, qui nous fait perdre en authenticité et nous fait mal juger la pierre qui au fait pourrait édifier  ... en cette matière, comme  un train peut en cacher un autre, l’humilité dont on se pare  peut n’être que le reflet trompeur d’une plus grande vanité.

Entreprendre le septentrion, c’est gravir la montagne  par la face nord, franche mais redoutable, face du doute parce peu éclairée, où la glace qui paraît sure cache souvent des pièges mortels ... voie royale des montagnards mais au combien périlleuse, les sommets qu’ils désiraient  gravir n’ont été que des  failles dans lesquelles ils échouèrent.

Vivre l’expérience du septentrion, c’est avancer dans le noir sans être sûr de progresser, se perdre pour mieux se retrouver. Comme Ulysse faire pleinement le voyage de la vie sans retourner sur ses pas bien que le voyage soit incertain, long et sans fin, être sourd comme Thésée à toutes les menaces et aux peurs qu'engendrent les épreuves,  affronter, comme Pénélope la solitude de la souffrance en tissant, reliant l’espace et le temps qui la sépare de son aimé, au fil de sa persévérance,  de sa patience, et de sa détermination.

Éprouver le septentrion c’est faire l’expérience de la matière, du vivant, des lois naturelles, c’est avoir un contact avec le réel, perçu directement et non plus filtrée par le voile du sommeil intellectuel, par les habitudes, les préjugés,  et les conformismes, c’est s’éveiller au fantastique qui comme les autres matières précieuses s’arrache aux entrailles de la terre.

C’est regarder, les concordances, les correspondances, les coïncidences, les analogies comme autant de voies qui relient l’infiniment petit à l’infiniment grand.

Pour finir sur une note d’humour et non d’humeur, je dirais qu’ expérimenter ce grand nord qu’est le septentrion, c’est vivre comme l’ours  dans sa caverne, se contenter de peu  car il nous est peu offert,  se faire tout petit pour ne point gêner l’ordre établi, se trouver une niche pour ne pas être sur le chemin des éveillés, ne pas l’ouvrir trop grand  car ce n’est pas l’heure du miel et des abeilles,  hiberner, s’imprégner, s’approfondir, attendre le dégel  qui peut-être long, ... rêver sans rien dire à la grande ours, voyager  mais se taire  pour ne pas réveiller Procuste et son lit qui sous couvert  de mesure  pourrait bien de nouveau nous endormir pour nous étalonner.

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Nathalie SIMON

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À propos

Le petit Poucet

A notre façon, et avec l’humilité qui convient, nous souhaitons que notre blog devienne au fil de ses articles et de ses contributions, des infos relayées, une coupole offerte aux pèlerins, notre télescope est installée tout près de Cluny, un lieu qui en son temps chaussa des bottes de 7 lieux ....
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